Pas de subventions et pas de pêche

Les professionnels de la pêche au poulpe ne se font pas d’illusions : malgré les propos rassurant des pouvoirs publics sur une reprise éventuelle de l’activité à la fin du mois d’avril prochain, ils sont sûrs que, d’ici là, la ressource ne se sera pas régénérée. Auquel cas, on passera au plan B préconisé par le gouvernement, à savoir ne pêcher qu’à partir de décembre 2004. Mais, entre-temps, quid des centaines de milliers d’emplois qui risquent d’être perdus ? C’est désormais au ministre des Affaires économiques, Abderrazzak Mossadaq, que revient la lourde tâche de trouver des solutions à cette équation insoluble. En attendant, les réunions se multiplient, les différents intervenants n’ayant d’autre choix que de se concerter.
Sur le terrain, la situation est alarmante, car un bâteau de pêche hauturière immobilisé coûte au bas mot 20 000 DH par jour. Au port de Tan Tan, où est installée la plus grosse entreprise du secteur, l’Omnium marocain de pêche (OMP), avec ses 45 chalutiers, une partie du personnel administratif est officiellement au chômage technique, percevant la moitié de son salaire. A Dakhla et Agadir, le paysage est le même. Quant à la rumeur d’une éventuelle subvention de l’Etat au profit des entreprises, d’un montant (imaginaire !) de 1 million de DH par chalutier immobilisé, elle est tout simplement démentie aussi bien par les associations professionnelles (Apapham, FIM, Fenip…) que par l’Administration elle-même. Ce n’est pas encore l’impasse mais c’est tout comme !