Où sont les élus ?

Les voix de la majorité étant insuffisantes, le PJD a passé son amendement.

La majorité piégée par les siens ! Ce qui s’est produit lundi 16 novembre dans la soirée, à l’occasion de la présentation par le PJD d’un amendement portant sur la création d’un fonds de solidarité familiale (voir page 14), jette une lumière crue sur deux points principaux. D’une part, une majorité bancale où se côtoient les défenseurs de la ruralité, des notabilités au penchant libéral saupoudré d’un zest de social, des socialistes pas tout aussi socialistes que ça et des nationalistes à fleur de peau. D’autre part, des députés qui ont un faible pour… «le Parlement buissonnier», surtout pour les séances qui doivent tarder dans la nuit. Lorsque ceci est conjugué avec cela, comme en ce lundi 16, on peut s’attendre à de mauvaises surprises. L’affaire aurait pu être close rapidement si Salaheddine Mezouar avait brandi le fameux article 51. Mais, fait inattendu, le ministre des finances a choisi de ne pas utiliser la carte. Avait-il peur de porter seul la responsabilité du rejet d’un amendement portant sur un sujet aussi sensible et auquel il est difficile de s’opposer ? Et si M. Mezouar tablait sur les élus de la majorité pour faire blocage, il aurait fallu qu’il y en ait suffisamment dans la salle. Or, ce n’était pas le cas ce soir-là puisque seul une centaine de représentants étaient présents sur les 325 que compte la Chambre. Résultat : l’amendement est finalement passé avec 36 voix pour et 32 contre et le gouvernement se retrouve avec un fonds qu’il doit créer dès janvier 2010 et un budget non programmé à trouver. Plus globalement, même si l’on sait que les choses sont décidées en commission, la plénière n’étant qu’un vote pour la forme, il est honteux, sur le plan du principe, que seulement 127 députés sur 325 aient prêté leur voix pour le vote d’une loi qui engage le pays pendant toute une année.