Où est la grande purge ?

L’affaire Remmach revient au-devant de la scène avec la traduction, devant la Cour spéciale de Justice, de fonctionnaires accusés d’avoir couvert un trafic de drogue qui a duré longtemps. Tellement longtemps qu’on a du mal à croire que les quelque 22 magistrats, responsables de la police et autres douaniers et gendarmes appelés à comparaître, soient les seuls complices. Allons donc ! Pourrait-on croire un seul instant qu’un trafic générant des milliards de DH, et mettant en œuvre des filières sophistiquées et bien équipées ne soit connu et protégé que par une vingtaine d’agents d’autorité ? Il faut aller plus loin. Mon avis est que l’Etat, par peur de mettre le doigt dans l’engrenage et de se retrouver avec une affaire nationale qui déstabiliserait toutes ses belles institutions, ait décidé de limiter les dégâts en s’en tenant aux coupables apparents. D’ailleurs, le fait que l’on ait «conseillé» à certains notables du Nord de ne pas se présenter aux élections communales montre, si besoin est, que l’Etat sait ce qui se passe, mais estime peut-être que le fléau est trop enraciné dans ses structures.
Quelle est alors la solution ? Pour moi, peu importe que l’on veuille taire certaines culpabilités en ne dévoilant pas la vérité que monsieur tout le monde subodore. L’essentiel est que les coupables soient punis, même si cela doit prendre des années. En d’autres termes, si la raison d’Etat impose le silence, elle ne peut se passer de la purge. Sinon on aura encore une fois des affaires Dib, Remmach et autres joyeusetés du genre. L’heure du grand nettoyage a-t-elle sonné ? A part quelques mutations concernant des postes dans le Nord, on ne voit aucun changement au sein des administrations centrales de ces corps de métier. Assez d’hypocrisie. L’Etat doit vraiment combattre la drogue ou la libéraliser.