OPA sur Fertima, les actionnaires minoritaires lésés ?

Charaf Corporation propose 288 au lieu de 330 DH par action.

Les offres publiques d’achat (OPA), qu’elles soient hostiles ou amicales, apportent toujours leur lot de mécontents. Celle lancée par Charaf Corporation sur Fertima n’y échappe point. La raison en est que Charaf Corporation annonce aujourd’hui qu’elle rachètera les actions à un prix de 288 DH alors qu’en mai 2008 elle s’était engagée «irrévocablement à acquérir, au prix unitaire de 330 DH, la totalité des actions Fertima en circulation». C’est du moins ce qui avait été publiquement et expressément annoncé dans la note publiée par le CDVM au lendemain de la montée de Charaf Corporation dans le capital de Fertima (86,6%).
Or, le 9 mai dernier, les détenteurs des actions Fertima apprennent, via la note d’information publiée là aussi par le CDVM, qu’ils n’auront droit, en échange de la cession de leur actions, qu’à 288 DH par unité. L’explication donnée dans la note en est que le prix  de 330 DH, initialement annoncé, intégrait un dividende de 42 DH de Fertima relatif à l’exercice 2007, lequel a été payé courant 2008. Les 288 DH correspondraient donc au prix de l’action à coupon détaché. Autrement dit, les investisseurs ayant acheté l’action Fertima avant la distribution ont reçu les 42 DH, et ceux qui l’ont fait après ont acheté l’action à coupon détaché, donc moins chère.
Une explication qui ne convainc pas certains détenteurs de l’action. En effet, au moment où la première note était émise, le dividende à distribuer était connu et il n’était nulle part indiqué la conditionnalité de la valeur du titre à la distribution de dividendes.