On ne badine pas avec la Banque mondiale

La célèbre agence de presse américaine United press international (UPI) vient de se voir priver d’une précieuse source d’information. Elle a été déclarée non grata par la Banque mondiale pour une durée de six mois. Motif : un des reporters de l’agence a failli à la sacro-sainte règle de l’embargo en publiant le 11 mars une information que la banque avait destinée à paraître le 16 mars, soit cinq jours plus tard. Une règle que connaissent parfaitement tous ceux qui sont en relation avec l’institution, particulièrement les journalistes. En effet, nombreux sont les documents et rapports que la banque diffuse régulièrement aux médias bien à l’avance, en vue de leur permettre d’entamer un travail de fond sur les sujets traités.
Pour ce type d’informations et comme le veut le règlement imposé par la banque, les médias n’ont pas le droit d’en diffuser le contenu avant la date clairement indiquée sur le document sous peine de sanction.
Ce 11 mars donc, un reporter de l’agence UPI a failli au code d’honneur en diffusant le contenu d’un rapport élaboré par la banque sur les infrastructures en Asie de l’Est. La sentence de la BM ne s’est pas fait attendre. Quatre jours après le «crime», les responsables de Washington ont prononcé, dans des propos très sévères, le verdict à travers un mail diffusé aux quatre coins du monde : UPI et tous ses reporters sont désormais radiés de la liste de diffusion de la banque, ils ne recevront aucun document officiel, et n’auront plus le droit d’accéder au site internet de la Banque mondiale et ce pour une durée de six mois. On ne badine pas avec la Banque mondiale !