Observatoire pour le crédit à  la consommation

12 % de la consommation des ménages financés par le crédit

Les Marocains sont-ils surendettés ? A en croire les chiffres de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), c’est loin d’être le cas. La proportion de la consommation finale des ménages financée par un crédit atteint à peine 12 %. On est donc loin de la situation qui prédominait en 1999, année où 88 000 fonctionnaires sur les 330 000 qui recouraient au crédit à la consommation vivaient avec seulement 500 DH par mois. Montant qu’il leur restait après la retenue à la source des mensualités de leurs crédits. Un seuil communément appelé «le reste à vivre». Cette année-là avait connu la signature d’une convention entre l’APSF et la DRPP (Direction des rémunérations et du paiement des pensions) afin de relever ce seuil à 1 000 DH. A fin 2003, envrion 3 500 fonctionnaires se retrouvaient avec seulement 1000 DH par mois, ce qui permet de dire aux responsables de l’association que le surendettement est quasi éliminé… chez les fonctionnaires. Quid alors des employés du privé ? Un projet vieux de quatre ans pour monter un observatoire du crédit à la consommation est sur le point d’aboutir et permettra de cerner la situation de l’endettement dans sa globalité. A en croire Mustapha Melsa, directeur de l’APSF, la réflexion est suffisamment avancée et il ne manquerait plus que la mise en œuvre. Cette opération est menée avec le département de la communication de la faculté de Ben M’sik de Casablanca. Parallèlement à ce projet, les professionnels ont entamé une réflexion pour examiner l’opportunité de relever le seuil du «reste à vivre» pour le situer à 1 500 DH. Mais se pose inéluctablement la question des personnes à revenus modestes qui pourraient être définitivement exclues des circuits du crédit. A l’APSF, on précise qu’il est nécessaire de réaliser des simulations afin d’évaluer le nombre exact de ces personnes qui pourraient par ailleurs se trouver livrées aux usuriers de quartier.

Le taux de surendettement des ménages a été substantiellement réduit en 8 ans.