Notre douar et rien d’autre

Il est des localités qui, manifestement, résistent au changement même quand celui-ci apporte une amélioration du cadre de vie des populations. A Casablanca, le douar dit Lamkansa, situé au sud de la ville sur la route d’El Jadida, fait partie de ces derniers bastions.

La preuve, en 2004 déjà, un projet de restructuration avait été initié et même officiellement lancé par le Souverain pour permettre aux 5 500 ménages du douar de vivre dans des conditions plus humaines. Trois ans plus tard, rien !

Le douar continue d’offrir un paysage d’un autre âge : s’y entassent encore pêle-mêle bidonvilles, entrepôts et ateliers de confection informels, terrains non viabilisés, terrains agricoles. Bref, un véritable chaos. Il y a quelques semaines, l’Agence urbaine de Casablanca, dans une première tentative, a finalement décidé d’agir en décrétant le gel de toutes les autorisations de construire dans le douar. «Cette localité vit un désordre incroyable qui ne laisse de chance à aucune planification urbaine. Pour le moment, nous préférons tout arrêter et prendre le temps de rechercher des solutions», explique une source au sein de l’Agence urbaine.

En fait, le cas du douar Lamkansa démontre parfaitement les difficultés auxquelles est confronté aujourd’hui le programme de restructuration des quartiers périphériques de Casablanca qui devait en principe permettre de mieux loger

82 000 ménages. L’enveloppe annoncée pour ce programme était de 1,36 milliard de DH. Seulement, le programme peine à démarrer. Et la période électorale, connue pour favoriser la prolifération des bidonvilles, n’a pas arrangé les choses.