Nettoyage collectif

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Depuis peu, au Gabon, a été instituée une journée citoyenne contre la malpropreté. Une fois par mois, les Gabonais, hommes et femmes, riches et pauvres, gouvernants et gouvernés, traquent les ordures, expulsent les immondices, purgent les impuretés. On gagnerait à en prendre de la graine, tant nos espaces urbains, par endroits, sont submergés par les déchets. Même les artères, qui devraient former les vitrines de la ville, tel le boulevard Mohammed V de Casablanca, n’en sont pas épargnées, au point qu’elles sont irrespirables. Tout le monde sur le pont, comme au Gabon ? Faut pas rêver ! De la propreté de leur ville, les rupins, qui campent dans des quartiers immaculés, s’en laveraient les mains, les politiciens, dont on connaît l’intégrité exemplaire, rechigneraient à se salir les mains et les fainéants se feraient couper la main plutôt que de la mettre à la pâte.?Il resterait, cependant, des légions de volontaires, disposés à rendre, par intermittence , leur environnement vivable. Et pour peu que l’on pousse le zèle hygiénique plus loin, la salubrité publique ne serait plus un vain songe. Les libertins déguisés en pères la morale balayeraient devant leur porte avant d’oser asséner leurs sermons vertueux. Les pourris laveraient leur âme par quelques confessions publiques. Les écuries d’Augias seraient nettoyées. Les administrations comme les entreprises donneraient un coup de balai susceptible de les débarrasser de tous les incompétents dont elles se trouvent embarrassées. Citoyens, à vos balais !