Nécessaires, les fantômes ?

intérieur et finances refusent de compter leurs troupes

Lagrande opération de recensement des fonctionnaires, lancée début 2004, semble s’orienter vers un cul-de-sac. Pourtant, l’opération, en plus d’être une première dans l’histoire de l’administration, aurait apporté une précieuse aide à  la réforme en cours, Mais, apparemment, elle n’a pas séduit tout le monde.
Plus d’une année après son lancement, le ministère de la Modernisation des secteurs publics, semble-t-il, n’a pas reçu toutes les fiches dûment remplies par chaque fonctionnaire et contresignées par son supérieur hiérarchique direct. Ces fiches présentaient deux grands avantages. D’abord, elles auraient permis de mieux expliciter les tâches de chaque fonctionnaire, ses missions, et donc de mieux recadrer le travail au quotidien de l’administration. Ensuite, et c’est le plus important, le recensement physique aurait permis, une bonne fois pour toutes, d’identifier les fonctionnaires fictifs, les fameux «fantômes». Mais c’était sans compter avec l’esprit cachottier de notre administration. La preuve, certains départements ont refusé purement et simplement de jouer le jeu et n’ont pas adhéré à  l’opération. Au ministère de l’Intérieur, par exemple, les responsables estiment qu’on ne peut pas dévoiler tous les secrets, notamment au niveau des fonctions à  caractère sécuritaire. Compter les agents de la DST ou des RG et décrire leur travail au quotidien, on le comprend, n’est peut-être pas une bonne idée. Soit. Mais cela n’empêche pas le ministère de remettre les fiches de ceux dont la publication de l’identité ne présente aucun enjeu majeur. Cela dit, d’autres ministères ont refusé, eux aussi, de remplir leurs fiches. C’est le cas des Finances, par exemple. Pourtant, à  ce que l’on sache, le travail d’un inspecteur des Finances ou d’un percepteur n’a rien de sécuritaire.

L’opération de recensement des fonctionnaires fantômes lancée par Mohamed Boussaà¯d piétine.