Morts pour quelques mètres carrés de plus !

Ils sont morts pour quelques mètres carrés de plus ! Dans le programme Al Baraka du groupe Addoha, à Hay Hassani (Casablanca), des propriétaires de logements ont coulé des dalles pour agrandir un balcon ou pour intégrer un vide décoratif dans la superficie habitable. Bien entendu, pour échapper aux yeux des autorités, des mokaddems en particulier, les propriétaires ont réalisé ces travaux à la sauvette. Ainsi des coffrages qui nécessitent théoriquement une pose de 20 jours avant d’être ôtés ont été démontés en 48 heures. Et ce qui devait arriver arriva. Une femme enceinte est décédée suite à l’affaissement d’un balcon de fortune dans la résidence Al Baraka et son père est gravement blessé.
Pourtant, dans le cas précis de ce programme, le promoteur, le groupe Addoha, avait déjà demandé l’intervention de l’autorité locale pour contrôler les modifications non réglementaires des logements. L’ancien gouverneur avait même effectué une opération coup de poing, démolissant quelques constructions additionnelles en 2003. Mais, «tout de suite après, les habitants ont repris les travaux de modification en toute impunité», avance Abderrazzak Waliallah, DG adjoint du groupe Addoha. Aussi, en juillet 2003, une commission de l’urbanisme de la préfecture de Hay Hassani avait décidé d’engager des poursuites judiciaires en vue d’accélérer les opérations de démolition des ajouts. Mais depuis, un certain laxisme a sévi.
Les responsables d’Addoha estiment que ce drame porte atteinte à l’image du groupe et comptent désormais dégager leur responsabilité en saisissant par écrit les gouverneurs des préfectures dans lesquelles sont implantés leurs programmes pour veiller au respect des règles d’urbanisme