Mohamed Sajid délègue ses pouvoirs au compte-gouttes

Le PAM contrôle l’urbanisme à  Casablanca.

Mohamed Sajid prend visiblement son temps pour décider des délégations de pouvoirs aux membres de son bureau. Presque trois mois après son élection à la tête du conseil de la ville de Casablanca, il a, en tout et pour tout, donné deux délégations de pouvoirs à deux de ses dix vice-présidents. La première délégation a été donnée, début novembre, au 4e vice-président qui est en fait une femme, en l’occurrence Amina Latnine, élue sous les couleurs du Parti authenticité et modernité. Mme Latnine a hérité des pouvoirs du président pour tout ce qui concerne l’urbanisme. C’est elle qui siégera, au nom du conseil de la ville, dans les commissions chargées de statuer sur les demandes d’autorisations de construction de lotissements et autres. Certains élus y voient une manière de «renvoyer l’ascenseur à ses amis du PAM pour leur aide précieuse au moment des élections du bureau». Plus récemment, début décembre, le maire a choisi son dixième vice-président, le Rniste Mohamed Bourrahim, à qui il a délégué, selon des membres du bureau, ses pouvoirs en matière d’autorisations commerciales. Pour cette dernière délégation, toutefois, le président Sajid, resté injoignable malgré nos multiples appels, n’a pas pu confirmer si l’arrêté a été effectivement publié.
Les élus casablancais restent pour autant partagés sur l’attitude du maire. Si certains la qualifient de «partiale», d’autres, légalistes, estiment que le président n’est pas tenu par la loi de déléguer ses pouvoirs. L’article 55 de la Charte communale stipule, en effet, que «le président peut, par arrêté, déléguer à ses vice-présidents, une partie de ses fonctions, à condition que cette délégation soit limitée à un secteur déterminé pour chaque vice-président». Il n’empêche que, pour beaucoup, «le président ne peut pas à lui seul assurer toutes les fonctions»