Médecins inconscients ?

Alors que l’Ordre national des médecins tient sa première assemblée générale depuis 1996, ce dimanche 12 novembre, le conflit opposant les blouses blanches aux instances de l’Ordre à propos de la désignation du futur président reste latent. Les premiers soutiennent toujours urbi et orbi que ce dernier doit être élu par ses pairs, tandis que la direction actuelle de l’Ordre affirme que les textes régissant la nomination du président (actuellement nommé par le Souverain) peuvent être changés si nécessaire mais qu’il faut d’abord que les élections aient lieu.

En attendant, on apprend que le corps médical n’est pas non plus exempt de reproches. Sur les 18 000 praticiens exerçant au Maroc, 30% seulement s’acquittent de leurs cotisations envers l’Ordre. Une manière d’exprimer leur désaccord ? Sans doute un peu, pourtant, sur les 700 DH annuels requis, 400 DH servent d’abord leurs intérêts. En effet, cette somme est versée à la Caisse de solidarité des médecins dont l’objet est de venir en soutien aux praticiens sinistrés ou leurs ayants droit dans le cas de décès, d’invalidité, de maladie grave chronique ou encore en cas de situation précaire.

Depuis 1998, date de sa création, cette caisse a servi l’équivalent de 6 MDH en prestations au profit de 60 médecins et/ou de leurs familles. Or, quand on sait que, hormis les 7 500 praticiens qui exercent dans le public (et qui n’ont pas d’obligation de cotisation), ceux du privé ne disposent ni d’une couverture sociale ni d’une assurance retraite et encore moins d’une protection contre le décès ou l’invalidité, on est bien amené à conclure que nos médecins sont quelque peu… «inconscients»