Mauvaise foi à  grande vitesse

les élus s’en prennent au projet de tgv

A-t-on réellement besoin d’un TGV ? Pourquoi dépenser 100 milliards de DH alors que l’on aurait pu faire autre chose de cet argent ? Le projet de TGV au fond est sorti de nulle part, en novembre dernier pour faire plaisir à Nicolas Sarkozy…

Sale quart d’heure pour Karim Ghellab, ministre des transports, et Rabie Khliie, DG de l’Office national des chemins de fer, reçus au Parlement par la commission des finances, et qui se sont heurtés aux élus de l’opposition et à ceux de l’USFP, bien contents de s’offrir une tête de turc istiqlalienne.

Pourtant, la mauvaise foi est évidente. D’abord, le projet de TGV est une idée qui date de la fin 2002 (cf. lavieeco.com), quand s’est posée la question de la ligne Marrakech-Agadir. La technologie classique risquant d’être obsolète à terme (ou du moins n’offrant plus les conditions de confort indispensables pour des voyages sur longue distance), le choix du TGV, avenir du rail, s’est imposé, avec l’idée d’une adaptation de tout le réseau. En 2003, le schéma directeur du TGV était ficelé. Donc le projet n’est pas sorti de nulle part.

Ensuite, la dépense de 100 milliards de DH est un investissement sur 25 ans. Dans les faits, au cours des 5 prochaines années, le besoin est de 20 milliards de DH dont 5,5 à financer par l’Etat, 9,5 milliards en prêts, le reste provenant de dons pour un projet qui devrait assurer un retour sur investissement sur 13 ans, désenclaver des régions avec, par exemple, un Casa-Agadir en 2h30, et renforcer l’attractivité du pays qui a fait de la logistique le support de son avenir industriel.

Tout cela était connu, a été dit et redit. On veut bien que le Parlement joue son rôle de contre-pouvoir à l’exécutif, mais de grâce, que l’on avance des arguments concrets, chiffrés. L’opposition pour le plaisir est un luxe que le Maroc ne peut se permettre aujourd’hui.