Manifs : qui tire les ficelles ?

800 marches organisées en un an

Sefrou, Rabat, Khémisset… Quelle est la prochaine ville sur la liste ? Deux semaines après la manifestation contre la hausse des prix qui s’était soldée par des dégâts importants, le 23 septembre dernier à Sefrou, une nouvelle manifestation est prévue ce vendredi à Khémisset. Coïncidant avec une forte campagne médiatique destinée à limiter la grogne déclenchée par la hausse du prix du pain, l’événement ne devrait pourtant pas être un remake du scénario de Sefrou où la foule, restée sur les lieux après le sit-in du collectif, avait violemment réagi en réponse au comportement des forces de l’ordre.

Derrière ces manifestations, une organisation plutôt hétéroclite répondant au nom de «Mouvement contre la hausse des prix» et rassemblant des militants de gauche issus de formations telles que Annahj Addimocrati, le PSU, le CNI ou même le PPS et l’USFP, soutenus également par les militants de plusieurs syndicats dont la FDT ou l’UMT, ainsi que des associations comme le Forum vérité et justice, Attac Maroc ou encore l’AMDH.

Lancé en septembre 2006, le réseau regroupe aujourd’hui quelque 80 coordinations locales basées dans plusieurs villes et villages du pays, lesquelles organisent leurs activités de manière tout à fait autonome. En un an d’existence, et selon ses organisateurs, le mouvement aura été derrière 800 à 1 000 sit-in, marches et conférences organisés à travers le pays pour protester contre la hausse des prix ainsi que la baisse de la qualité des services publics.

Tant que cela reste pacifique, tout va bien… sauf que, d’une part, les coordinations locales échappent au contrôle de l’organisation et les dérapages sont fréquents. D’autre part, au vu de la trop grande diversité des composantes du mouvement, le risque de manipulation des protestataires de base à des fins autres que l’objet social du mouvement est plus qu’évident.