Lydec : attention aux puits domestiques

les puits et réseaux internes mis en cause

Qu’est-ce qui aurait poussé le concessionnaire casablancais de l’eau, de l’assainissement liquide et de l’électricité, Lydec, à rendre public, le 12 octobre, un communiqué qui met garde les clients qui utilisent des «eaux souterraines» non contrôlées, entre autres celles des puits. Dans ce communiqué, les services de la Lydec pointent aussi du doigt l’état de vétusté des installations et réseaux internes qui peuvent contribuer à la dégradation de la qualité de l’eau du robinet.

En fait, comme il est expliqué auprès de la Lydec, «suite à la dernière vague de chaleur du début de l’automne, il y a eu quelques cas de non-conformité de l’eau qui se sont déclarés». Alertés par des réclamations de certains clients, les services techniques avaient procédé aux analyses et enquêtes d’usage. Entre autres causes dévoilées par ces investigations, l’état de vétusté des installations, et des réseaux internes défectueux. Cela a été notamment le cas de deux immeubles, dont celui de la CTM sur l’avenue des FAR, qui disposent sur leur terrasse de réservoirs non protégés et mal entretenus. A cet élément s’ajoute la problématique des puits, certains clients casablancais s’amusant à brancher leurs puits avec le réseau d’eau potable de Lydec. Une seule indication suffit pour saisir l’ampleur du risque : la Lydec a procédé à l’analyse d’eaux prélevées dans 245 puits, et les résultats sont sans appel. Les taux de coliformes atteignent 90%, les taux de chlorure sont très élevés (jusqu’à 900 mg/l) et une présence importante de nitrate et d’ammoniac est constatée à cause de l’utilisation intensive d’engrais dans la zone de Berrechid qui alimente la nappe de Casablanca. Certes, pour les responsables de la Lydec, il ne s’agit pas de s’alarmer ni d’amplifier le phénomène, mais plutôt de prendre les devants et de sensibiliser. D’autant plus que les puits, à Casablanca, se comptent par milliers. 80% des bains maures et 75% des unités industrielles utilisent de l’eau de puits.