L’ONDA victime de son excès de transparence ?

L’affaire qui oppose depuis quelques semaines l’Office national des aéroports (ONDA) au groupement Flightcare, qui se plaint d’avoir été injustement écarté du marché du handling (manutention), est en train de prendre une tournure rocambolesque. Suite à la décision du tribunal administratif de Rabat de surseoir au choix de l’ONDA d’attribuer le marché aux espagnols Tap-Globalia, l’office a réagi en portant l’affaire devant la Chambre administrative de la Cour suprême.
Rappelons qu’à la suite de l’appel d’offres lancé en juin 2003 par l’office pour concéder au privé les activités du handling dans trois aéroports (Casablanca, Marrakech et Agadir), Flightcare avait été classé premier de la liste, suivi de Tap-Globalia. Comme le stipule la procédure, d’ailleurs rendue publique, Flightcare a été invité à des négociations. Il est expliqué à l’ONDA que «les détails présentés par Flightcare pendant ces négociations n’ont pas donné satisfaction, ce qui a amené à l’ouverture de négociations avec le deuxième sur la liste, Tap-Globalia, dont l’offre a été plus satisfaisante». Flightcare a alors décidé de saisir le tribunal administratif arguant que les personnes qui ont négocié n’étaient pas dûment habilitées à le faire. Une source au ministère des Finances confirme que les représentants de ce département «n’ont pas été associés aux négociations», mettant cela sur le compte d’une maladresse, sans pour autant remettre en cause le bien-fondé du choix de l’office. Pour l’ONDA, il n’y a pas lieu de parler de maladresse. Un responsable autorisé explique que «la direction générale a mandaté deux hauts responsables de l’office et membres de la commission pour négocier, ce qui est parfaitement conforme au règlement de l’appel d’offres». Il précise qu’en outre, l’appel d’offres a respecté à la lettre la directive européenne sur la libéralisation des prestations au sol. En publiant la procédure, l’ONDA a été victime de sa transparence. Affaire à suivre…