Logement économique : les bons contribuables d’abord

Noir, spéculation, achats multiples par des ménages aisés… Pour éviter la réédition des travers qui ont caractérisé, ces dernières années, la vente des logements à 200 000 DH, l’Habitat a verrouillé le circuit de vente pour les futurs logements économiques. Ainsi, les ménages candidats devront s’inscrire auprès des délégations de l’habitat de leur ville ou région, à charge pour ces dernières de prouver qu’ils sont bien éligibles à ce type de logements.

Mais il y a un autre critère d’éligibilité : la possibilité d’acquérir un logement à 140 000 DH est d’abord ouverte aux agents de l’administration, aux affiliés des œuvres sociales des ministères et entreprises publiques ainsi qu’aux salariés des entreprises privées organisées pouvant apporter la preuve qu’elles opèrent de manière formelle, puis les membres des chambres professionnelles, et, en fin de liste, les corps de métier opérant dans l’informel.

Discrimination ? «C’est une discrimination positive. Elle vise à donner un avantage, et non pas une exclusivité, aux bons contribuables. La porte n’est pas fermée aux travailleurs du secteur informel», affirme un responsable au ministère de l’habitat.

L’approche, argumentée, certes, n’en est pas moins discutable et la mesure ne fera pas que des heureux. Si, quand même, deux au moins. Salaheddine Mezzouar, ministre des finances et Noureddine Bensouda, directeur général des impôts. Qui a dit que Toufiq Hejira, ministre de l’habitat, n’avait pas le sens de la solidarité gouvernementale ?