L’investissement privé en panne

la depp le démontre par les chiffres

La machine de l’investissement privé est toujours enrayée et l’effort de création de richesses est d’abord public. Ce constat vient d’être vérifié, chiffres à l’appui, par la Direction des entreprises et établissements publics (DEPP) du ministère des Finances dans une étude récente qui n’a pas été rendue publique.

Pour l’année 2006, l’investissement public (IP) (Etat, collectivités locales et établissements publics) devrait atteindre 77,34 milliards de DH, soit 59,5 % de la FBCF (formation brute du capital fixe) nationale, contre seulement 46,2 % en 1999. En sept ans, le rapport de l’IP au PIB est passé de 10,9 % en 1999 à 15,6% en 2006. Mais, et c’est là que l’étude devient intéressante, la FBCF, indicateur par excellence de l’investissement productif, ne suit pas le même trend haussier. En effet, bien qu’augmentant à un taux supérieur à celui du produit intérieur brut, le taux d’investissement exprimé par le rapport de la FBCF au PIB est resté presque inchangé, en moyenne 24 %, sur les quatre dernières années. Mais la DEPP rassure en indiquant qu’en 2006 on devrait enregistrer un léger rebond. Le taux prévu est de 26,2%. Cette reprise pourrait, à première vue, être imputée, en plus de l’IP, à une relance de l’investissement privé. Or, les indicateurs, du secteur bancaire notamment, ne permettent pas de tirer cette conclusion.

Selon le GPBM, les crédits à l’économie à fin mai étaient de 279,4 milliards de DH, dont seulement 18% ont profité à l’investissement.
De leur côté, les membres de la DEPP jugent le rapport FBCF/PIB encore insuffisant. Vu les impératifs de croissance, ils estiment que ce pourcentage devrait être d’au moins 28 % pour assurer une croissance durable de 5 % par an. Comparé aux pays émergents où cette moyenne est de 35 %, ou encore à la Chine qui réinvestit 44 % de la richesse créée, l’effort d’investissement au Maroc est réellement faible.