L’industrie du liège touchée par les licenciements

La firme française Oeneo, un des leaders mondiaux des bouchons et de la tonnellerie, avec un chiffre d’affaires 2003 de 170 millions d’euros, vient d’annoncer un plan de restructuration de sa division de bouchage, qui aboutira à une réduction drastique des effectifs. La Vie éco a appris, de source fiable, que parmi les sites qui seront touchés (outre Céret en France et l’unité espagnole) figure celui de Témara, dénommé Sabaté Maroc (87 salariés). Cette unité, mise en place en 1995, effectue la première transformation du liège dans le procédé de fabrication des bouchons. Or, avec la montée en puissance des bouchons dits technologiques, les sites à faible valeur ajoutée comme celui de Temara deviennent de moins en moins indispensables pour des fabricants souhaitant se positionner davantage sur des produits en pleine croissance et surtout à plus forte marge.
Rappelons que le Maroc est le 4e producteur mondial de liège avec 15 000 tonnes par an, derrière le Portugal, l’Espagne et l’Algérie (20 000 tonnes). Les plantations de chêne-liège appartiennent à l’Etat, qui procède à la vente des lièges dans des adjudications publiques organisées annuellement à la fin de l’automne. Seulement 10% sont consommés sur le marché national où d’énormes possibilités restent à exploiter.Quant à l’exportation, elle se fait presque entièrement en matière brute ou semi-finie, alors qu’un pays comme l’Algérie transforme la quasi-totalité de sa production au niveau des unités industrielles performantes.
L’exemple du virage amorcé par Oeneo, qui envisage soit de fermer le site soit de le revendre, devrait inciter les parties prenantes du métier de la transformation du liège au Maroc, existant depuis les années 1930, à se mettre à niveau