L’industrie du jus de fruits en difficulté

Face à  la demande croissante de fruits marocains sur le marché européen, les contrôles à  la sortie du Maroc se sont montrés moins sévères. Première répercussion : les industriels n’ont
pu approvisionner les usines de jus de fruits avec les écarts de triage.

Si l’on en croit les prévisions, faciles à  établir car la saison est déjà  bien avancée, le Maroc battra cette année les records d’exportation d’agrumes. Lors de la récente assemblée générale du Comité des agrumes de la zone franche, qui s’est tenue à  Paris les 27 et 28 février, on a avancé le chiffre de 610 000 tonnes, soit 100 000 de plus que la saison précédente. Ces chiffres réjouissent producteurs et exportateurs mais il en va autrement pour les producteurs de jus de fruits.

Le Maroc a bénéficié de circonstances exceptionnelles. Du fait des conditions défavorables dans d’autres pays, notamment l’Espagne, la concurrence a été moins grande sur le marché européen. La demande de fruits marocains est donc plus forte. Face à  cette demande croissante, les contrôles de marchandises à  la sortie du Maroc se sont montrés moins sévères. Première répercussion : les écarts de triage ont été moins importants que lors des précédentes campagnes et les industriels n’ont pu approvisionner les usines de jus.

Les industriels sont inquiets. Il leur avait été demandé de faire un effort pour faciliter l’écoulement des écarts de triage. Plusieurs entreprises ont donc procédé à  des investissements importants, qui portent leur capacité d’absorption à  80 000 t par an. Le matériel doit être amorti et les usines doivent disposer pour cela de 60 000 à  75 000 t/an. On est loin du compte cette année Vendredi 15 mars 1968.