L’habitat insalubre criminalisé

Au moment où la ville d’Al Hoceima sort progressivement de son cauchemar, l’heure est au bilan. Le discours prononcé par S.M. Mohammed VI le jeudi 25 mars en est le meilleur prologue. Le Souverain a d’entrée de jeu donné le ton en affirmant que, malgré tous les efforts louables qui ont été fournis par tous pour surmonter la catastrophe d’Al Hoceima, «le Maroc n’est pas suffisamment préparé et outillé pour faire face à de telles situations d’urgence». Et n’en déplaise à certains, il y a bien eu un cafouillage et des lacunes. Il s’agit, dès à présent, de revoir notre manière de faire et d’établir un vrai plan d’urgence national, de manière à éviter les déperditions d’énergie.
L’autre grande annonce du discours concerne la pénalisation de tous les intervenants dans le processus de l’habitat insalubre. Les élus sont ainsi appelés à plancher durant leur session d’avril sur les dispositions réglementaires en la matière. En plus d’assimiler ceux qui contribuent à la prolifération de l’habitat insalubre à des criminels, les autorités compétentes en matière d’aménagement et de construction ont été également mises devant leurs responsabilités. Le Souverain n’y est pas allé par quatre chemins : les autorités doivent veiller à faire respecter les normes standard en matière de construction et endosseront, par conséquent, la responsabilité de tout manquement ou laisser-aller.
Dans le cas spécifique d’Al Hoceima, celle-ci se verra doter, au même titre que d’autres villes, d’une Agence urbaine qui veillera au respect des normes d’urbanisme et d’aménagement, laquelle agence prendra également en charge la ville de Nador. Quant à l’autre pièce du dispositif, c’est l’Agence des provinces du Nord à qui le Roi a demandé de lui soumettre dans les plus brefs délais un plan de développement intégré à moyen et long terme dont il s’est engagé à suivre personnellement la réalisation. Des mesures concrètes sont attendues