Les voyageurs marocains pistés aux Etats-Unis

Le Census Bureau (littéralement bureau de recensement), équivalent américain de notre direction de la statistique, s’est fait épingler, il y a quelques jours, par la société civile et les médias pour avoir fourni au département de la sécurité nationale des fichiers contenant les coordonnées de plusieurs ressortissants de pays arabes résidant sur le sol américain.
Les données avaient été recueillies par le bureau de recensement, en 2002 et 2003, à travers les questionnaires remplis, au niveau des postes frontière des aéroports, par les voyageurs en provenance de pays arabes et plus spécialement l’Egypte, le Liban, la Jordanie, la Palestine, la Syrie, l’Irak… et le Maroc.
Aussitôt l’affaire ébruitée, le directeur du Census Bureau, Hermann Habermann, s’est empressé de déclarer aux médias que «le bureau de recensement est tenu de fournir des informations aux autres agences fédérales» en manifestant toutefois ses inquiétudes quant à l’utilisation qui pourrait en être faite ultérieurement. Le service des douanes et de la protection des frontières américain a tenté, de son côté, de calmer les esprits en assurant à l’opinion publique que «ces informations ne seront utilisées, en aucun cas, pour des finalités illégales mais juste pour mieux connaître le profil des arrivants sur le sol américain et mieux cibler la communication sur les lois d’immigration aux USA». Mais, apparemment, ces propos, tenus par le porte-parole des douanes, Christiana Halsey, n’ont pas rassuré.
Selon James Zogby, président de l’Arab American Institute, «les visiteurs ne voudront plus remplir ces questionnaires s’ils savent que des informations personnelles seront diffusées». Décidément, ça vire de plus en plus à la parano au pays de l’Oncle Sam