Les Sud-africains perdent leur sang-froid

A quelques jours du vote de la FIFA, à Zurich, pour désigner le pays hôte de la Coupe du monde 2010, les Sud-africains commencent à perdre leur sang-froid. Les grands supports de presse, qui d’habitude sont plutôt mesurés, ont versé dans les jugements à l’emporte-pièce. Le plus virulent a été le quotidien de Johannesburg, The Star, qui, dans un article intitulé «David contre Goliath», s’est fendu d’une série d’allégations pour le moins fallacieuses. D’entrée de jeu, l’auteur de l’article cite le président sud-africain qui aurait déclaré : «Si nous avons le choix entre corrompre les gens et perdre, alors autant perdre». Le directeur du cabinet du Président Thabo Mbeki est allé, lui, plus loin en disant que «le gouvernement sud-africain n’usera d’aucune forme de corruption et qu’il ne donnera pas un seul centime sous la table». Et de poursuivre : «Si nous perdons, au moins nous ne nous salirons pas les mains». Le plus étonnant, dans cet article, est qu’à la suite de ces propos, l’auteur s’est attaqué ouvertement au Maroc qu’il trouve trop généreux avec, notamment, les 140 millions d’euros bloqués en Suisse (NDLR : destinés pourtant à couvrir un éventuel déficit budgétaire lors du Mondial) et les média-shows organisés par Morocco 2010 pour les journalistes étrangers au Maroc.
Moins virulent, The Cape Times, un quotidien de Cape Town, cite pour sa part le ministre du Sport, Chris Stali, qui dit espérer que «le vote de la FIFA sera clean» ajoutant que ce serait dommage que «les candidats utilisent de l’argent». No comment !