Les primes injustifiables

La réponse que vous avez reçue d’un cadre du ministère des Finances sur votre article concernant les primes de ce ministère ( La Vie éco du 19 décembre 2003) mérite une réplique.
Tout d’abord, il faut savoir que plusieurs catégories de cadres ont des «acquis» dont la remise en cause ne peut intervenir que dans un cadre global. Toutefois, ces acquis ont été «obtenus» dans un Maroc où l’Etat de droit était encore à ses balbutiements, un Maroc éloigné de l’esprit dominant actuellement et qui est incompatible avec les passe-droits.
En essayant de justifier ces primes, l’auteur, à court d’arguments valables, se compare aux cadres bancaires (!) et se défend de passer son temps à «siroter le café»… comme si les banquiers n’avaient pas le droit de prendre leur café ! Et comme si les autres cadres de l’administration passaient leur temps à siroter le thé, à arriver en retard au travail et à s’absenter ! Quant à «la nature réelle des travaux» qui ressemblent à ceux des établissements publics où la motivation passe par les primes, et où il y va de la «sécurité financière de l’Etat», le simple bon sens devrait lui interdire de sortir de telles balivernes. Car, si son travail relève de la sécurité du pays, que dire des autres, médecin, juriste ou simple commis, qui, en falsifiant un état civil, risque de nuire dangereusement à la sécurité du pays. Ne parlons pas de l’enseignant qui engage l’avenir du pays!
Et puis, si le cadre dont il parle se trouve derrière un guichet ou dans un bureau à faire un travail rigoureux et prenant mais somme toute répétitif, les cadres des autres administrations assurent, pour certains du moins, un travail de conception et de proposition dont la plus-value est bien plus importante ?
Arrêtons de justifier l’injustifiable (une prime de rendement plus importante qu’un salaire !) et participons tous à la consécration du mérite et du droit dans l’Administration.