Les placardisés de l’Equipement

conseil général ou voie de garage ?

Quelle est la meilleure manière de remercier gentiment un ancien haut fonctionnaire pour «bons et loyaux services» tout en lui préservant statut et avantages? Une question à laquelle est confronté tout ministre qui, légitimement, souhaite s’entourer à son arrivée d’une nouvelle équipe de collaborateurs sur la même longueur d’onde que lui. La réponse n’est pas toujours facile et la solution généralement adoptée est la mise sur voie de garage.
Les ministres y recourent en fonction des moyens dont ils disposent. Au ministère de l’Equipement, le problème a été solutionné de manière élégante : le placard de luxe est le Conseil général de l’Equipement. L’appellation, pompeuse, de cette institution contraste fortement avec la réalité de son fonctionnement. Aujourd’hui, les dix membres siégeant au conseil, qui ont tous le titre d’inspecteur général, sont en fait en grande majorité d’ex-directeurs centraux. On citera, à titre d’exemple, l’ancien directeur des Affaires techniques, celui des Routes, celui des Ports, l’ancien directeur des ressources humaines ainsi qu’un ancien conseiller technique au cabinet. Leur point commun ? En plus d’être des «inspecteurs généraux», c’est qu’ils ont tous exercé à l’époque de Bouameur Taghouane, prédécesseur de l’actuel ministre de l’Equipement, Karim Ghellab. Mieux, l’actuel président du Conseil général de l’Equipement n’est autre que l’ancien secrétaire général du département.
De quoi s’occupent-ils exactement ? Sur papier, les membres du conseil, placé sous l’autorité directe du ministre, sont censés élaborer des études et émettre des avis sur toute question concernant les infrastructures relevant du ministère, tels les ports, les routes, les ponts… C’est du moins ce qui est mentionné sur le décret de création du conseil. La réalité, elle, est tout autre

Karim Ghellab, réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs ont échoué ? Réanimer le Conseil général.