Les NTI dans la Santé publique : la charrue avant les bÅ“ufs !

Dans votre numéro précédent, vous avez rapporté que le ministère de la Santé se préparait à «entrer dans l’ère des nouvelles technologies». Au risque de paraître réactionnaire ou négativiste, je pense que cela s’appelle mettre la charrue avant les bœufs. Car, à mon avis, la priorité aujourd’hui dans le secteur de la santé n’est pas d’introduire l’internet ou l’intranet dans les hôpitaux mais simplement d’en faire des services à la hauteur des attentes élémentaires des citoyens. Il faut sortir un peu de l’axe Casablanca-Rabat pour avoir une idée de la réalité de la santé au Maroc. D’ailleurs, dans un de vos numéros de l’été 2003, vous en avez largement parlé. A l’heure où le ministre parle des NTI, il y a encore des villes et parfois même des régions, où certaines spécialités n’existent pas. Aujourd’hui, il y a de petits villages où les femmes enceintes sont encore transportées à bord de taxis de brousse (faute d’ambulance) pour aller accoucher dans la maternité la plus proche qui, elle, est à 200 km. Commençons, monsieur le Ministre, par garantir le minimum avant de parler des nouvelles technologies de l’information.