Les magistrats marocains jugés trop passifs

Alors qu’à une époque les experts de la Banque mondiale (BM) donnaient la réforme de la justice comme une des pièces maîtresses pour un développement durable au Maroc, la banque vient quelque peu nuancer cette appréciation.
Ainsi, à l’occasion de la publication de son dernier rapport sur l’évaluation du système juridique et judiciaire marocain, la BM affirme dans un communiqué officiel que «le cadre juridique dans son ensemble n’appelle pas de réforme urgente», mais que le processus législatif, lui, «présente des lacunes qui débouchent sur des lois mal formulées et sur une mauvaise diffusion du droit». Les experts de la banque n’omettent pas, toutefois, de s’en prendre aux juges à qui il est demandé de devenir plus proactifs et de ne pas se cantonner dans leur rôle d’arbitres «passifs». En un mot, on leur demande de faire preuve d’imagination et de créativité en matière de gestion des dossiers et dans leur manière de lire le droit.
C’est peut-être une bonne chose que d’avoir au Maroc des magistrats de la trempe d’un Bruguières mais encore faut-il qu’ils aient la formation (ce qui n’est pas toujours le cas) et surtout la marge de manœuvre nécessaire et suffisante pour rendre leurs décisions en toute neutralité. Or, ce n’est pas aux experts de la Banque mondiale qu’on apprendra qu’en matière d’indépendance de la justice, le Maroc n’est pas encore vraiment un exemple à suivre.