Les faux grévistes de la Lydec

L’année 2008 commence mal pour la Lydec. Alors que le dossier de révision du contrat de concession, objet d’un litige avec les élus du Conseil de la ville de Casa, le gestionnaire délégué de l’eau et l’électricité de la métropole, se retrouve avec un problème social sur les bras. Depuis quelques jours des employés ont squatté le parking de son siège social sis rue Mohamed Diouri. Le plus étrange est que ces «grévistes» ne sont pas des employés de la Lydec, mais revendiquent d’être recrutés par cette entreprise ! Une situation des plus rocambolesques qui est, en fait, un des tristes héritages de l’ancienne Régie autonome de distribution (RAD).

De fait, les grévistes sont des employés de deux entreprises privées qui réalisent des travaux pour le compte du gestionnaire délégué. Ces deux entreprises, pour des raisons encore indéterminées, travaillaient avec la RAD dans le cadre de marchés donnés en gré à gré et ont été imposées aux Français.

Aujourd’hui, la direction de la Lydec entend se débarrasser des deux dernières (comme d’autres avant), dans le cadre de la transparence de ces marchés. Mais les ouvriers ne l’entendent pas de cette oreille. La majorité d’entre eux a passé toute leur carrière dans les chantiers de la Lydec et estime que si la Lydec veut résilier le contrat avec leur employeur, elle devra les compenser soit en les recrutant soit en versant à l’entreprise de quoi les indemniser. Qu’à cela ne tienne ! La Lydec a accepté de recruter 120 ouvriers sur 400 au total et a mis la main à la poche pour permettre aux deux entreprises de verser aux autres des indemnités confortables, ce qui n’a pas empêché lesdits ouvriers de continuer à protester en dépit de l’accord trouvé. Kafkaïen !