Les élus d’Agadir montent au créneau

Le « all inclusive », cette formule qui consiste pour un touriste à payer un forfait en contrepartie d’un package de prestations dans un centre de résidence (hôtel, village de vacances…) est en train de faire des ravages à Agadir, et en passe d’atteindre Marrakech. Les méfaits de cette pratique ont poussé les élus locaux à monter au créneau et la dénoncer lors d’une séance de questions orales au Parlement la semaine dernière.

La formule en elle-même n’est pas condamnable, car il s’agit là d’un procédé commercial qui a fait ses preuves, et emprunté en toute légalité. Sauf qu’à l’origine il a été conçu notamment pour des stations balnéaires isolées et loin des centres urbains où les touristes ne pourront pas faire de courses à l’extérieur de leur lieu de résidence. Les sites les plus connus pour ces pratiques sont par exemple Jerba en Tunisie, certaines stations de Charm-Cheikh en Egypte ou au Sénégal. Mais ce n’est pas le cas d’Agadir où aujourd’hui 60% des hôtels en front de mer et à proximité, estime un professionnel, se sont convertis à cette pratique encouragée par les tour-opérateurs qui y trouvent leur compte. Résultat immédiat : on commence à percevoir les méfaits de ce procédé sur les commerces de la ville, les restaurants, les taxis, les centres d’artisanat et même sur les revenus du personnel des établissements hôteliers puisque le pourboire, une composante importante du salaire des employés, a tendance à disparaître.
De plus, à en croire certains hôteliers eux-mêmes, la formule est très mal assimilée, ou plutôt délibérément mal appliquée avec un service inexistant et des prestations bas de gamme qui ne font pas honneur à l’image du tourisme marocain.

Gare donc au retour de manivelle. Il y a deux semaines déjà, le CRT d’Agadir s’était inquiété de la situation, et, pas plus tard que le 29 mai, le sujet a fait l’objet de deux questions orales au Parlement.