Les diplômés chômeurs privilégiés ?

l’Etat promet de leur trouver du travail

La convention signée début septembre entre le gouvernement et les représentants des groupes des 865 diplômés chômeurs n’a cessé de susciter commentaires et critiques. Point d’orgue de ce remue-ménage, la question de la légalité de l’accord avec, comme corollaire, celle de savoir s’il était permis à  un gouvernement de privilégier une catégorie de citoyens dans l’accès à  l’emploi. La réponse est évidemment non. Sollicité à  ce sujet, le ministère de la modernisation des secteurs publics, département en charge de ce volet, nie tout traitement privilégié. «L’Etat ne s’est pas “engagé” à  fournir du travail aux diplômés chômeurs mais à  mettre tous les moyens légaux en Å“uvre pour les aider à  trouver du travail», affirme-t-on de source autorisée. En clair, comme tout le monde, les diplômés chômeurs devront passer le concours d’accès à  la fonction publique «conformément aux règles en vigueur». Seule dérogation, qui sera accordée par le Premier ministre, la possibilité pour les plus de 45 ans (légalement interdite) de passer le concours et de devenir, éventuellement, fonctionnaires.

Autre dérogation, cette fois-ci dans l’optique de placement des diplômés chômeurs chez le privé, ils seront prioritaires sur les listes de l’Anapec, «mais rien ne garantit leur emploi, puisque le privé reste maà®tre de ses décisions et besoins», argumente-t-on, et, enfin, la possibilité de bénéficier des modules de reconversion mis en place dans le cadre du programme Moukawalati. Un programme qui, rappelons-le, vise à  créer 30 000 petites entreprises en 3 ans.

Alors, privilégiés ou pas ? Tout est question de point de vue. Le gouvernement s’est ôté une épine du pied, «tout en respectant la loi», insiste-t-on.