Les dérives du logement social

Concernant vos dossiers sur les besoins et projets dans le domaine du logement, j’ai constaté une omission concernant les promoteurs privés qui sont devenus légion depuis le lancement du défi des 200 000 logements. La majorité des promoteurs, affiliés à des associations professionnelles, ont des règles déontologiques précises et construisent dans les règles de l’art. Mais je suis désolé de signaler l’opportunisme et parfois même la malhonnêteté de certains d’entre eux profitant des exonérations et détournant habilement les normes établies.
(…) Le logement social à 120 000 ou à 80 000 DH ne peut être réalisé correctement que par les organismes sous tutelle comme les ERAC, la SNEC, l’ANHI, etc., et donc sous le strict contrôle de l’Etat. Les opérateurs privés contraints d’ acquérir des droits sur les procédés et méthodes de construction modernes ainsi que le matériel adéquat exigeront de l’État encore plus de subventions et d’exonérations.
Un frein encore plus contraignant est celui du dessous-de-table (le noir) exigé par le vendeur, qui n’est un secret [pour personne]. Exemple : un logement économique est déclaré vendu à 190 000 DH pour pouvoir être placé dans le cadre du programme, l’acquéreur doit verser en «dessous de table» entre 50 000 et 90 000 DH selon la finition, la situation et l’orientation. Vous pouvez dire adieu donc au financement total par les banques auquel vous faites allusion dans l’un de vos articles. L’acheteur, quant à lui, voit son bien se déprécier au moment où il voudra le céder. Pour les futurs «logements sociaux», le problème se posera. Il est donc impératif de trouver les mécanismes qui obligeront le promoteur à aligner ses prix sur ceux des ERAC, SNEC et autres entreprises.

Mohammed Douiri Fès   [email protected]