Les assureurs tournent le dos à  la chirurgie esthétique

Les compagnies d’assurance refusent désormais, les unes après les autres, de renouveler les contrats couvrant les risques liés à la chirurgie esthétique.
Les chirurgiens de cette discipline se voient donc dans une situation grave qui risquerait, en se généralisant, d’étouffer la profession. L’indemnisation par l’assureur d’une faute médicale suite à une chirurgie esthétique pourrait donc disparaître si toutes les compagnies adoptent la décision. Au-delà du risque lié à l’acte chirurgical, il est prévisible que les praticiens refuseront d’opérer s’ils ne sont pas couverts par ce type d’assurance.
L’assurance couvrant la responsabilité civile n’étant pas obligatoire (la seule assurance obligatoire étant, au Maroc, l’assurance automobile), l’Etat ne peut donc imposer aux compagnies d’assurance de couvrir une telle branche. Un responsable de la FMSAR (Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance) a d’ailleurs indiqué que cette décision ne concerne pas le marché de l’assurance dans sa globalité mais relève de la réglementation interne de chaque compagnie, au vu de leur politique de souscription. Les compagnies sont donc totalement libres de prendre de telles orientations, qui peuvent se généraliser à d’autres segments du secteur médical, ou à d’autres professions libérales.
Par ailleurs, les professionnels de l’assurance arguent d’un flou juridique concernant le quantum de la réparation dans le domaine de la chirurgie esthétique ainsi que la difficulté d’évaluer le pretium doloris ou prix de la douleur, pour justifier ce refus. Ils jugent, à ce titre, certaines décisions de justice, évaluant avec largesse le préjudice, comme étant scandaleuses. Affaire à suivre !.