Les archives de l’IER interdites au public ?

harzenni porte plainte contre «al jarida al oula»

Drôle de bras de fer que celui qui oppose le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH), Ahmed Harzenni, au directeur de publication du quotidien arabophone Al Jarida Al Oula, Ali Anouzla.

La publication par le quotidien des révélations de grands témoins de l’histoire du Maroc, recueillies par l’Instance Equité et Réconciliation (IER) dans le cadre de son travail d’investigation sur les années de plomb, a fortement irrité le président du CCDH qui s’est adressé à  la justice. Il faut rappeler qu’après la dissolution de l’IER, c’est au CCDH qu’est revenue la charge de mettre en Å“uvre les recommandations de l’instance, tout comme il est dépositaire de ses archives.

Le contenu de trois témoignages, ceux de Abdelhadi Boutaleb, ex-conseiller de Hassan II, de Khali Hanna Ould Rachid, président du Corcas, et de Abdelouahed Maâch, l’un des dirigeants du parti de la Choura et de l’Istiqlal, ont déjà  été livrés par le journal. Et le reste est à  venir.

Ali Anouzla persiste et signe : pas moins de dix témoignages sont au menu, plus fracassants les uns que les autres. O๠a-t-il eu ces documents ? «Je les ai obtenus par mes propres moyens en tant que journaliste, et j’ai le plein droit de les publier pour éclairer l’opinion publique. Ils ne sont pas un secret d’Etat.

Ils sont une partie intégrante des témoignages faits devant l’IER pour connaà®tre la vérité sur ce qui s’est passé au Maroc», martèle M. Anouzla, joint au téléphone par La Vie éco, mercredi 11 juin. M. Harzenni ne l’entend pas de cette oreille. Selon lui, ces archives sont classées «top secret». Il a déposé une plainte en référé contre le journal, demandant la cessation immédiate de la publication de ces témoignages et la restitution des archives, sous peine d’une amende de 5 000 DH pour chaque jour de retard. Affaire à  suivre .