Le tribunal de la famille déménagé à  cause des touristes

Trop de scènes de familles dans le quartier des Habous à  Casa.

Comme si les grèves à répétition ne suffisaient pas, le cocasse s’invite dans le spectacle d’une justice décriée aujourd’hui par les citoyens. Que l’on en juge par la toute récente restructuration des tribunaux casablancais. Avant le 10 décembre, toutes les affaires relevant du Code du statut personnel (mariages, divorces, héritages, pensions alimentaires…) relevaient du tribunal de la famille, situé Place des Habbous , à l’orée de l’ancienne médina. Or c’est également un site touristique fort prisé, et des dizaines de cars déposent leur cargaison quotidienne de touristes venus admirer la splendide architecture de l’endroit, et faire quelques emplettes dans le bazar du coin.

Seulement voilà : les affaires de divorces, gardes d’enfants ou autres pensions alimentaires se déroulent rarement dans la joie et l’allégresse, et donc la petite place est souvent le théâtre d’affrontements plutôt musclés entre les protagonistes : mari giflant l’épouse, celle-ci se défendant en le mordant, des enfants apeurés qui pleurent et crient, belles-familles s’empoignant, s’invectivant, policiers débordés, badauds amusés : bref, le spectacle est garanti…et nos touristes en oublient le but de leur visite, et photographient à qui mieux-mieux ces scènes désolantes, bien que les guides essayent de les en dissuader et de les entraîner un peu plus loin !

Ce manège a finalement été repéré par les agents de la préfecture du Méchouar, toute proche, qui en ont averti qui de droit, lequel en a conclu que présenter pareil visage du pays était contre-productif…et hop ! En deux temps trois mouvements, voilà le tribunal de la famille délocalisé dans l’ancienne Cour  d’appel, située à El Oulfa-Hay Hassani, près de l’ancien aéroport d’Anfa. Tout le monde est mécontent mais rien n’y fait, le tourisme est sacré.