Le trafic de devises étrangères augmente

500 cas de fraude en sept mois.

Belles prises pour les douaniers de l’aéroport Mohammed V depuis la rentrée. Mercredi 10 septembre, ils ont intercepté un citoyen chinois installé au Maroc, où il exerce une activité économique, qui tentait de voyager avec une forte somme en devises étrangères, sans justificatif d’achat. En partance pour Shanghai, le citoyen avait dans ses bagages 220 000 euros (environ 3,3 MDH). Les billets, tous de 500 euros, étaient dissimulés dans trois calculatrices dont une que le concerné avait pris le soin d’emporter dans son bagage à main et les deux autres dans les valises enregistrées et destinées à faire le voyage en soute.
«Souvent, on pense que les bagages destinés à la soute sont l’idéal pour faire passer des choses car ils ne sont pas fouillés mais on oublie que tous ces bagages, sans exception, sont passés au scanner», explique-t-on à l’administration des douanes (ADII). A côté de cela, il y a bien sûr le flair des douaniers. Procédant aux fouilles selon des techniques de ciblage et par échantillons, les douaniers se basent, néanmoins, sur certains critères pour décider ou non de passer à la fouille. Il y a ce qu’ils appellent des «profils à risques» comme les commerçants et chefs d’entreprises, par exemple, et aussi des nationalités à risques dont font partie justement les Chinois. «Ces profils à risques, explique un haut responsable à la douane, sont les plus exposés aux fouilles, contrairement à d’autres comme les salariés, fonctionnaires ou étudiants».
En 2008, et selon les statistiques officielles de l’ADII, les douaniers ont intercepté 713 cas de trafic de devises avec, à la clé, un montant saisi total de près de 88 MDH. Pour les sept premiers mois de cette année, la douane signale déjà 503 cas pour un montant saisi de 50 MDH.