Le silence de l’Etat

Cellule de Benguerir, cellule de Marrakech, caches d’armes, entrepôts de munitions…Il ne se passe pas un jour sans que les journaux relatent de nouveaux faits liés au terrorisme. Pas un mois non plus sans que de lourdes peines ne soient prononcées à l’encontre des coupables. En soi c’est bien, au moins on sait que les choses bougent. Mais c’est toujours par le biais des journaux que le citoyen est informé. Aucun responsable étatique n’a pris la peine de venir chiffrer à la télévision ou par le moyen d’un communiqué le bilan de ce qui a été fait après le 16 mai . Beaucoup de questions se posent : les personnes arrêtées sont-elles toutes en rapport avec le terrorisme ? Y a-t-il des preuves qu’Al Qaïda est derrière les attentats du 16 mai ? Comment évolue la menace terroriste au Maroc ? Que faire en cas d’attentats ? Qui contacter en cas de découverte d’armes ? Quelle est l’étendue du mal ? Les intégristes sont-ils à la base de toutes ces menaces potentielles et de ces attentats virtuels dont la programmation est découverte lors des interrogatoires ? Y a-t-il des groupes organisés derrière tout cela ?
Il est inconcevable que l’on découvre un beau jour que le Maroc est gangrené par le terrorisme, que l’on livre chaque jour une idée sur l’étendue du mal et que personne ne pense à éclairer l’opinion publique. Qui a fait quoi ? Qui s’apprêtait à faire quoi ? Qui est derrière quoi ? Le citoyen a besoin de savoir. Il n’y a même pas un numéro vert…
Au cours de la dernière semaine de décembre, la ville de Casablanca fourmillait de policiers et son ciel était sillonné en continu par les hélicoptères. A part les spéculations des journaux, il n’y a eu aucune explication officielle. Résultat : la plupart des restaurants ont fait un taux de remplissage très bas le soir du réveillon, les gens avaient peur et les plus folles rumeurs ont circulé. Et quand vous posez la question, on vous dit justement, «circulez, y a rien à voir !».

Sanaa Amri Citoyenne