Le secret-défense est levé… en France

Par sa décision, rendue publique le 14 novembre 2004, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, met à la disposition de la justice française la totalité du dossier détenu par les services secrets français sur l’affaire Ben Barka. Le quotidien français Le Monde, qui a le souci du détail, écrivait dans son édition du 15 novembre : «Cette déclassification touche 73 documents regroupés dans le scellé fermé intitulé “Affaire Ben Barka”, soit au total 295 feuillets imprimés soit recto verso (3 pièces), soit simple recto (292 pièces), auxquels s’ajoutent deux enveloppes et trois photographies».
Cette levée du secret-défense est intervenue en réponse à la demande de Claude Choquet, vice-président du tribunal de grande instance de Paris, qui instruit l’enquête sur la disparition de Mehdi Ben Barka.
En France, l’enlèvement de Mehdi Ben Barka a donné lieu à deux procès, en octobre 1966 et en avril-juin 1967. Mais il aura fallu plus de trente-cinq ans pour que le secret-défense soit entièrement levé. En 1975, une nouvelle plainte pour «assassinat, tentative et complicité d’assassinat» avait été déposée par le fils du disparu, Bachir.
Près de quarante ans après l’enlèvement de l’opposant marocain, l’affaire Ben Barka va-t-elle enfin être résolue ? Pour cela, il faudrait que les documents détenus par la CIA et le Mossad israélien soient eux aussi déclassifiés et mis à la disposition des avocats de la défense.
Au Maroc, l’OMDH (Organisation marocaine des droits humains), dans un communiqué daté du 17 novembre, a appelé les autorités marocaines à lever le secret sur «les documents, archives et vérités disponibles sur l’affaire Ben Barka». L’OMDH a également demandé à ce que toutes les personnes encore en vie et qui ont été impliquées dans cette affaire «puissent témoigner, tout en bénéficiant de la protection nécessaire».
A suivre !.