Le RNI pris dans les filets

les oukacha perdront-ils leur licence ?

Samedi 17 avril, le bateau El Khlifa, appartenant à la société Alia Pêche, entre au port d’Agadir après avoir effectué une campagne de pêche expérimentale en collaboration avec l’INRH (Institut national de la recherche halieutique), qui cherche à évaluer l’état de la regénération de la ressource. Les captures ont été intéressantes : 50 tonnes de poissons dont 19 tonnes de poulpe, le tout pour une valeur estimée à plus de 3 MDH. Il reste à savoir si l’armateur aura le droit de vendre son poulpe alors que nous sommes en pleine période d’arrêt biologique. Les avis divergent à ce sujet. D’une part, la société estime qu’il est de son droit de céder sa cargaison pour couvrir les charges d’une campagne expérimentale menée au profit de l’Etat. D’autre part, certains armateurs estiment que cette cargaison devrait être saisie et vendue au profit du Trésor.
Rappelons que Taïeb Rhafès, ministre de tutelle, avait déclaré au quotidien Assahra le 15 avril, que l’armateur n’avait pas le droit de pêcher le poulpe et que la mission menée avec l’INRH consistait seulement en prospection. M. Rhafès était allé plus loin, en menaçant de retirer sa licence de pêche à la société en question si les termes de l’autorisation de sortie en mer n’étaient pas respectés.
Le ministre mettra-t-il sa menace à exécution ? A l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avions pas pu le joindre à ce sujet. Mais que répondre à l’argument d’Alia Pêche qui réclame le droit de vendre pour amortir les frais d’une sortie en mer effectuée à la demande de l’Etat ? Cela sachant qu’il y a eu des précédents en la matière.
Les choses se compliquent quand on sait que Hassan et Ali Oukacha, les administrateurs d’Alia Pêche, ne sont autres que les fils de Mustapha Oukacha, président de la Chambre des conseillers et membre du RNI… au même titre que Taïeb Rhafès