Le relogement de douar Skouila reporté

un attentat qui tombe vraiment mal…

Il est parfois des coïncidences malheureuses. Dans la nuit du dimanche 11 mars, un jeune de 23 ans se faisait exploser dans un cybercafé de Sidi Moumen. Après investigation, le kamikaze s’est révélé être originaire de douar Skouila. Or, par un hasard du calendrier, le lendemain, lundi 12 mars, les premiers ménages habitant justement Douar Skouila et Douar Thomas devaient recevoir leurs lots de terrain dans le cadre de l’opération de recasement lancée par le Roi en juin 2005 destinée à reloger près de 4 000 ménages des deux bidonvilles. Cette opération de recasement, d’un montant global de 366 MDH, propose des lots de terrains de 84 m2 (en R+3) à partager entre deux ménages bidonvillois en contrepartie d’une contribution de 35 000 DH par famille.

La cérémonie a été annulée, ou plutôt reportée. «Les bénéficiaires devront attendre quelques semaines, et ce, pour ne pas donner l’impression que nous agissons à la hâte en réponse aux actes terroristes», souligne une source proche du dossier. Les candidats malchanceux font partie des 2 000 premiers bénéficiaires de la première tranche qui compte des lots de terrain entièrement équipés en eau, électricité et infrastructures d’assainissement liquide. Quant aux 2 000 ménages restants, ils devaient en principe recevoir leurs lots en juin prochain. Tout le calendrier se trouve aujourd’hui chamboulé en raison des évènements du 11 mars.

En attendant, le programme «Villes sans bidonvilles» continue sur sa lancée. Selon le ministère de l’habitat, cinq villes ont été nettoyées complètement de leurs foyers d’habitat insalubre, à savoir Khouribga, Fnideq, Essaouira, Fqih Ben Saleh et Bouznika. Deux autres villes sont en dernière phase d’application du programme. Ainsi, Beni Mellal ne compte plus que cinq ménages bidonvillois, et on n’en compte plus qu’une trentaine à Oued Zem.