Le PJD courtisé par le PAM et l’Istiqlal ?

Une rencontre informelle entre Benkirane et El Himma.

Après s’être érigé en adversaire numéro un du PJD, le PAM s’apprête-t-il à en faire son allié ? Depuis quelques jours, la formation de Cheikh Biadillah a visiblement adouci le ton à l’égard du parti de Benkirane. A l’origine de ce changement, une rencontre informelle, tenue il y a un peu plus de deux semaines, entre des ténors des deux partis.
«Il s’agissait seulement d’une rencontre amicale entre M. El Himma et moi-même», nuance M. Benkirane, joint au téléphone par La Vie éco, qui révèle, au passage, que les discussions ont porté sur  «la nécessité de tempérer l’ambiance entre les deux partis».  Selon lui, Fouad Ali El Himma a souhaité également expliquer la position du PAM au sujet de l’article 5 de la loi sur les partis. «A l’approche des élections, le PAM n’a plus intérêt à mener une campagne électorale en se fondant sur son hostilité au PJD, car ce dernier dispose d’une machine électorale bien huilée qui pourrait lui porter atteinte», explique le politologue Mohamed Darif. Sur un autre plan, souligne-t-il, si le PAM avait décidé de passer à l’opposition bien avant vendredi 29 mai, il est logique qu’il ait cherché à normaliser ses relations avec son futur colocataire à l’opposition.
Il faut dire que la conjoncture actuelle favorise le parti islamiste. Lundi 1er juin, en réponse à une lettre adressée au leader istiqlalien Abbas El Fassi, dans laquelle il l’appelait à clarifier ses positions sur les dernières sorties de Hamid Chabat, M. Benkirane a reçu un appel téléphonique du Premier ministre himself qui s’est démarqué des propos du maire de Fès.