Le phénomène «Leclerc» à  Casablanca

Prélever de petits pourcentages sur de fortes ventes plutôt que de
faire de gros bénéfices sur des petites ventes.

On parle beaucoup actuellement des coopératives dans le domaine commercial. On commence à avoir quelques incitations dans ce domaine : suppression des intermédiaires pour les produits de grande consommation par la création de ces coopératives, marocanisation de certains compartiments réservés aux nationaux. Il y a là un double souci : protéger les intérêts du consommateur et donner aux commerçants nationaux une possibilité de reconversion. Néanmoins, en se plaçant sur le seul plan de l’intérêt général, le commerce ne saurait devenir un privilège et son utilité ne peut se concevoir qu’en fonction de l’intérêt du consommateur. A cet égard, les magasins du type «Leclerc» méritent l’attention au Maroc. Le système est connu: réduire au maximum les frais généraux, et plutôt que de faire de gros bénéfices sur des petites ventes, prélever de petits pourcentages sur de fortes ventes.
Les premiers bénéficiaires de ce système au Maroc ont été les fonc-tionnaires. Il s’est en effet créé sur des boulevards périphériques une première coopérative, le GAAP, réservée essentiellement aux fonctionnaires. Certains commerçants avisés se sont dit que le système avait du bon et que les fonctionnaires ne devaient pas être seuls à en bénéficier. On assista dès lors à un phénomène curieux: après un premier magasin JV ouvert par Jean de Verteuil dans la rue Karatchi, d’autres magasins similaires virent le jour comme Star et Opéra, tous deux rue Karatchi. Dernièrement un troisième magasin dans le même pâté de maisons, rue Jacques Cartier. Bref, le quartier de la place de Bandoeng est devenu en quelques mois le centre commercial le plus attractif de Casablanca