Le pétrole flambe, le prix du carburant reste inchangé

Ça repart ! Le baril de pétrole est à plus de 80 dollars et risque de rester à ce niveau pour un bon bout de temps. L’indexation va-t-elle jouer maintenant ? De l’avis de beaucoup, le moment ne s’y prête pas. L’actuel gouvernement, qui se contente de gérer les affaires courantes, ne peut pas se permettre, à quelques jours du terme de son mandat, de décider d’une augmentation des prix au moment où la rue ne parle que de la cherté de la vie. Il voudra sans doute refiler le dossier au prochain gouvernement, lequel, à son tour, ne se risquera pas à inaugurer son mandat avec des augmentations de prix.

Selon un responsable au ministère des affaires économiques et générales, tout concourt à ce que les prix à la pompe restent à leur niveau actuel. Auquel cas, c’est l’Etat qui devra, comme d’habitude, mettre la main à la poche. Dans la Loi de finances de 2007, il est prévu une enveloppe de 8 milliards de dirhams pour soutenir les produits pétroliers, liquides et gazeux, sur la base d’un baril de pétrole à 65 dollars. Déjà, sur cette base, l’Etat prenait en charge 85 centimes pour le litre de gasoil, 1,25 DH pour l’essence super, 400 DH pour la tonne de fioul et 20 centimes pour le gasoil 350 (ne parlons pas du butane, produit hautement social, qui coûte chaque année à l’Etat quelque 4 milliards de dirhams).

Cela explique qu’en 2006, par exemple, la charge de compensation des produits pétroliers s’élevait à 9,6 milliards de dirhams. Quant à la facture de 2007, elle sera supérieure à 9 milliards de dirhams, selon une source à la direction du Trésor.