Le milliard de DH dont on ne sait que faire

Perplexes ! c’est le moins qu’on puisse dire de l’attitude des experts de la Banque mondiale qui étaient en visite au Maroc à la fin du mois de mars. Une visite qui, comme à l’accoutumée, était pour eux l’occasion de s’entretenir avec les différents acteurs du paysage socio-économique du pays. Sauf que cette fois les experts de Washington ont soulevé une question peu débattue, à savoir celle de l’argent inemployé des banques marocaines. Répondant aux propos d’un chef d’entreprise qui tenait le discours habituel sur la problématique du financement et sur le besoin d’investissements étrangers, un haut responsable de la BM s’est dit étonné «d’entendre les opérateurs parler d’une crise de financement alors que la surliquidité des banques marocaines atteint quelque 100 millions de dollars (environ 1 milliard de DH)».
Selon les experts de la BM, le Maroc ne souffre pas d’une pénurie de fonds mais d’idées. Ils en veulent pour exemple les investisseurs étrangers qui lèvent une partie des fonds investis auprès du système bancaire local. On l’a vu avec Altadis, Amendis, Redal (Vivendi) et Lydec (Suez) qui ont tous obtenu des prêts consortialisés.
Il y a du vrai dans le point de vue des experts de la BM, toutefois le problème est plus vaste que cela. Les entreprises marocaines n’accèdent pas au financement car elles ne présentent pas de garanties et sont déjà sous-capitalisées, ce qui pousse les banquiers, contraints au respect de règles prudentielles plus sévères, à être frileux.