Le mercato politique bat son plein

Encore un mois de défections et de ralliements.

A deux mois des élections communales du 12 juin, les programmes des partis se font toujours attendre, en revanche, la transhumance des élus bat déjà son plein. Après Faouzi Chaâbi à Rabat, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) vient de perdre Mohamed Boudra, membre du bureau politique et président de la commune d’Al Hoceima, et Abdelhamid Mernissi, député de Fès. Les deux hommes ont choisi de rejoindre les rangs du Parti authenticité et modernité (PAM). L’Union constitutionnelle (UC) pourrait, pour sa part, perdre l’un de ses conseillers, Houssine El Haddaoui, qui a rejoint le groupe Rassemblement et modernité. Elle a néanmoins pu se rattraper en récupérant dans ses rangs des conseillers du Mouvement populaire (MP), en la personne de Hassan Outghilast, élu de la région de Tadla Azilal et Hassan Abou El Az, élu de celle de Casablanca.
Un troisième conseiller haraki, Driss Husseini, élu de Sefrou, a quitté lui aussi, mais cette fois pour l’Istiqlal. Durement touché par le phénomène, le MP risque de voir la série des défections se prolonger, même si une source harakie croit savoir que Hassan Abou El Az aurait déjà demandé à retourner dans le giron du parti. En effet, deux autres députés du parti de Laenser sont en négociation avec le PAM dans le but de marcher sur les pas de Lakhdar Haddouche, député et maire d’Oujda.
La clôture des listes électorales n’étant prévue que le 29 mai à midi, ce jeu de chaises musicales se prolongera vraisemblablement d’ici là. Parmi les plus touchés par ce phénomène figurent les membres de la Chambre des conseillers qui, pour récupérer leur siège le 2 octobre prochain (renouvellement du tiers des membres), se doivent d’abord d’être bien élus au niveau local. Du coup, certains n’hésitent pas à troquer leur étiquette politique contre un meilleur emplacement dans les listes électorales.