le maroc loin derrière la jordanie et l’egypte

En dépit de l’arrivée de grands annonceurs, le marché publicitaire demeure encore faiblement investi. Les chiffres sont là pour en témoigner. «Le marché publicitaire marocain recèle un grand potentiel si l’on considère le ratio publicité/PIB, autrement dit l’investissement publicitaire ramené au PIB, ou alors l’investissement publicitaire ramené à la population totale», estime Hamid Kadiri, patron de Klem Euro RSCG. Au total, le marché aura drainé 2,7 milliards de DH cette année. Le ratio publicité/hab. est donc d’à peine 9 dollars. Dans des pays comparables comme l’Egypte et la Jordanie, il atteint 70 dollars. Aucune commune mesure, par ailleurs, avec les investissements européens et américains. Leurs ratios sont respectivement de 250 et 500 dollars.

La faiblesse des investissements témoigne aussi du potentiel de croissance du secteur. 2005 a été selon les professionnels une bonne année avec un taux de croissance moyen de 11 %. Cette croissance a principalement profité à la télévision (+12%) et à l’affichage (+15%). En face, les investissements publicitaires dans la presse et la radio n’ont augmenté en moyenne que de 8 % (lire aussi page 9). Cela dit, les pronostics pour 2006 vont bon train. Les opérateurs du secteur misent sur les événements qui vont s’y produire. «Ce qui va booster particulièrement 2006 ce sont des évènements télévisuels majeurs comme la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde de football», analyse M. Kadiri. L’année prochaine, notons-le, verra l’arrivée de nouvelles chaînes radio et télévision qui chambouleront la répartition des budgets entre les différents acteurs.

A elle seule, la présence de grands annonceurs ne suffit pas à faire décoller le marché.