Le Maroc exporte ses espèces protégées

L’agence AFP a rapporté, mardi 5 juillet, la saisie à l’aéroport de Rome d’une drôle de cargaison en provenance du Maroc. Il s’agit de 2 400 tourterelles sans vie que sept ressortissants italiens ramenaient dans leurs bagages après un long séjour de chasse au Maroc. Ahurissant ! Cette fois, les douaniers marocains, dont on dénonce souvent le zèle, n’y ont vu que du feu.
Mais avant de pouvoir faire sortir leur gibier du Maroc, il a bien fallu le tuer et, là encore, bien des questions se posent. Théoriquement, une espèce protégée ne doit pas être chassée. Les spécimens doivent par contre être placées dans des parcs gardés par des agents des Eaux et forêts. Et voilà que sept chasseurs romains arrivent à canarder non pas une douzaine, mais 2 400 volatiles d’un seul coup. Il n’est pas sûr, après un tel carnage, qu’il reste encore des spécimens vivants de cette espèce de tourterelles protégée dite Streptopelia turtur. Encore une fois, cela donne une idée sur la vigilance de nos gardes-champêtres. Il y en avait pour 600 kg de viande…
Pourtant, depuis les événements du 16 mai, ce ne sont pas les filtres et les points de contrôle et de fouille qui manquent à l’aéroport Mohammed V, à commencer par le portique installé à l’entrée principale. Heureusement qu’il ne s’agissait que de tourterelles !