Le Maroc et les 600 millions d’euros

l’aide de l’ue jugée décevante

Le programme Meda 2 touche à sa fin. Le Maroc figure parmi les pays qui, dit-on, a le plus bénéficié des fonds européens mais aussi parmi ceux qui gèrent le mieux ces fonds, avec un taux d’utilisation de près de 93%. Pourtant, tout cela n’a apparemment pas convaincu les instances européennes d’accorder davantage d’aide.
Ainsi, pour l’enveloppe destinée aux aides dans le cadre de la politique européenne de voisinage (PEV), qui remplacera désormais Meda, la Commission européenne a proposé au Maroc une enveloppe globale de 600 millions d’euros pour la période 2007-2010. Une proposition qui a beaucoup déçu le gouvernement Jettou. Et pour cause, cela revient à l’équivalent de 150 millions d’euros par an alors que pour Meda II, l’enveloppe annuelle était de l’ordre de 140 millions. La déception est d’autant plus grande que, comme l’expliquent des sources au ministère des Finances, «les Européens avaient laissé entendre, au long des négociations, que le Maroc pouvait espérer au moins 40% de plus que pour Meda 2».

Certes, comme l’indiquent les mêmes sources, «rien n’est définitif et le gouvernement compte revenir à la charge pour demander plus». Mais on ne se fait pas trop d’illusion. Si la Commission européenne consent à faire une petite rallonge, elle sera symbolique, explique des officiels marocains.
Raison du revirement ? Le budget des aides européennes subit de très fortes contraintes depuis l’arrivée de nouveaux membres, l’Europe préférant donner la priorité à ses voisins de l’Est. N’empêche que même pour les pays de la rive Sud, on relève quelques injustices. Sinon, «comment expliquer, s’interroge ce haut responsable, que l’aide accordée à la Tunisie, par exemple, rapportée au nombre d’habitants, représente le double de celle accordée au Maroc» ?