Le Maroc aura son premier géoparc

La campagne doit s’émanciper de l’agriculture. Cette activité, paradoxalement, est à l’origine de la situation dégradée du monde rural. Elle fournit, certes, du travail à 75% de la population des campagnes. Mais comme elle n’est pas performante, c’est plus de survie qu’il s’agit que de véritables emplois. Solution : le monde rural doit avoir d’autres activités. C’est le principe que tente aujourd’hui de concrétiser l’Etat, en explorant de nouvelles pistes pour développer et diversifier les activités génératrices de revenus et créatrices d’emplois, et casser ainsi la dépendance vis-à-vis de l’agriculture. En plus de la valorisation des produits du terroir, le gouvernement compte faire du tourisme rural un axe principal du développement. «Aujourd’hui, nous comptons près de 150 000 touristes par an qui s’intéressent au tourisme vert. Nous visons à atteindre 1,5 million à l’horizon 2015. Le développement de l’artisanat devra également y contribuer», confie à La Vie éco Mohamed Mohattane, secrétaire d’Etat en charge du Développement rural (voir article en page 26).
Et pour joindre l’acte à la parole, un premier projet est en passe d’être concrétisé. Il s’agit du géoparc du M’Goun, le premier de son genre au Maroc. Situé au cœur de la chaîne du Haut Atlas, ce parc protégé s’étendra sur une superficie de 7 600 km2 et couvrira les régions de Beni Mellal, Azilal et Demnate. Il comprendra des sites géologiques d’un intérêt exceptionnel. En effet, des gravures rupestres ont été localisées à Jbel Trart et dans la vallée d’Ait Bougamez en plus des traces de dinosaures repérées à Iminifri (Demnate) et à Tabant. Jbel Tazarkount, quant à lui (près du barrage de Bine El Ouidane), compte une faune animale variée: plus de 65 espèces d’oiseaux rares y sont répertoriées. La ville d’Azilal, pour sa part, abritera un musée géologique.
Pour le financement, le secrétariat d’Etat et le ministère du Tourisme ont déjà débloqué respectivement 200 000 et 500 000 DH .