Le Jurassic Park politique marocain

ils sont là  depuis la nuit des temps

Il fut un temps où les feux des projecteurs étaient braqués sur ces chefs de partis qui n’arrivaient pas à se résoudre à partir. Or, aujourd’hui, exception faite de Mahjoubi Aherdan (plus de 80 ans), qui préside aux destinées du Mouvement populaire ou de l’un de ses avatars depuis 1958, et qui reste le dernier dinosaure du Jurassic Park politique, tous les autres ont passé la main.
Depuis lors, la gérontocratie s’est nichée dans les centrales syndicales où tous les records de longévité sont allègrement battus. Ainsi, à l’issue du VIIIe congrès national de l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc), tenu en novembre 1999, son secrétaire général, Abderrazak Afilal (74 ans), a été réélu, pour… la huitième fois consécutive à la tête de son syndicat. M. Afilal est depuis le 30 mars 1960 le maître à bord de cette centrale syndicale, soit 44 ans !
Le même phénomène est observable pour la CDT (Confédération démocratique du travail), dont Mohamed Noubir Amaoui (65 ans) tient les rênes depuis sa création en 1979, soit 25 ans.
Mais la palme d’or toutes catégories confondues dans ce palmarès de la gérontocratie syndicale, et c’est probablement un record mondial, revient à Mahjoub Benseddik (85 ans), qui préside aux destinées de l’UMT (Union marocaine du travail) depuis 1954, soit 50 ans. Un demi-siècle ! Et il n’est pas encore prêt à songer à une retraite bien méritée. Voilà une gérontocratie syndicale encore plus indéboulonnable que sa consœur partisane.
Mais là où cette longévité devient aberrante, voire inadmissible, c’est dans les organisations de jeunesse, et particulièrement la Jeunesse destourienne (UC), dont le secrétaire général, Abdellah Firdaous (56 ans), préside à ses destinées depuis sa création en 1987. Or, M. Firdaous n’est pas prêt à lâcher prise. Il désire rempiler… Le temps d’atteindre l’âge légal de la retraite !