Le juge qui avait condamné Omar Raddad risque d’être révoqué

Le juge niçois Jean-Paul Renard, rendu célèbre par l’affaire Omar Raddad, est sur la sellette. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), la plus haute autorité française dans ce domaine, vient de le faire comparaître devant sa formation disciplinaire, où le représentant de la chancellerie a requis contre lui la peine maximale, c’est-à-dire la révocation.
Le juge Renard, qui a été doyen des juges d’instruction de Nice de 1992 à 2002, période au cours de laquelle il a envoyé Omar Raddad en prison, est accusé de «manquements graves et répétés à ses devoirs de magistrat», de «perte complète des repères déontologiques», en raison de ses liens supposés avec des personnes soupçonnées d’être liées au crime organisé. Plusieurs indices laissent croire qu’il est intervenu en leur faveur ou qu’il a tenté de le faire.
Plusieurs personnalités, comme l’académicien Jean-Marie Rouart, avaient accusé le juge d’instruction Jean-Paul Renard d’avoir commis des erreurs méthodologiques et d’avoir négligé des pistes et des indices dans son enquête sur le meurtre, en 1991, de Ghislaine Marchal, meurtre pour lequel Omar Raddad a été condamné à 18 ans de réclusion. Omar Raddad a été libéré en 1998, après avoir bénéficié d’une grâce partielle accordée par Jacques Chirac. Des analyses graphologiques commandées par la Commission de révision avaient indiqué que l’inscription «Omar m’a tuer» ne pouvait pas être imputée avec certitude à Mme Marchal. Une analyse ADN a également montré l’existence de traces de sang sur la main de Mme Marchal provenant d’un homme qui n’est pas Omar Raddad. Le verdict de 18 ans de prison était d’ailleurs une demi-mesure car, si Omar Raddad avait été un coupable indiscuté, il aurait écopé de la perpétuité.
Le CSM se prononcera avant la fin du mois sur le sort du juge Renard.